TOGO / Procès Madjoulba : Le Caporal-Chef Pyabalo Tcha et co – accusés à la barre

Le procès sur l’assassinat du colonel Bitala Madjoulba continue de retenir l’attention au sein de l’opinion publique. Ayant bouclé sa deuxième semaine, vendredi 3 novembre 2023, le procès a enregistré jeudi 2 novembre, un grand nombre de témoins.

Le procès devant permettre de trouver le ou les coupables de l’assassinat du colonel Bitala Madjoulba, se poursuit au Tribunal militaire de Lomé avec comme témoin clé, le caporal-chef Tcha Pyabalo.

Plusieurs témoins ont été programmés jeudi dont le militaire qui aurait « coordonné des pratiques  » peu orthodoxes pour retrouver les auteurs.

Dans cette affaire qui retient énormément l’attention, beaucoup de ces témoins sont déjà allés à la barre. Parmi eux, les Colonels Yotrofei Massina, Kpatcha Sogoyou, Passou Tchakbera, le Commandant Kalao, le soldat de 1ère Classe Alexandre et le Caporal-Chef Tcha Pyabalo.

Au cœur d’un procès à plusieurs inconnus, le doute laisse la place au charlatanisme. En effet, il ressort qu’aux lendemains de l’assassinat de Madjoulba, des pratiques mystiques auraient substituer les investigations officielles pour retrouver « les criminels ».

Dans cet aspect traditionnel, le Caporal-Chef Pyabalo Tcha est évoqué comme ayant mené ces  » pratiques » au sein du 1er BIR à l’époque des faits.

Toutefois aucun fait tangible n’est venu confirmer l’implication du militaire dans le recours au mysticisme.

Par contre, le Caporal-Chef Pyabalo Tcha aurait citer, devant les juges militaires, le Col Kouma Agbonkou comme étant celui qui a donné l’autorisation pour recourir à une telle pratique.

Le Colonel Agbonkou, adjoint du Colonel Madjoulba au moment des faits, aurait lui-même reçu l’autorisation du Général Abalo Kadangha, le Chef d’Etat-Major général des Forces armées togolaises à l’époque.

Mais qu’en est-il réellement ? Devant un procès militaire qui spécule sur le charlatanisme en lieu et place de preuves évidentes sur l’assassinat, il y a lieu pour l’opinion de s’interroger.

Mais selon la déposition du Caporal-Chef Pyabalo Tcha auprès des juges d’instruction, les résultats des consultations « mystiques » auraient révéler « le Gal Kadangha et le Col Ali Kodjo comme commanditaires de l’assassinat » de feu Colonel Toussaint Madjoulba.

Selon les esprits, les commanditaires seraient le caporal-chef Songuine Yendoukoa (le chauffeur de Madjoulba), la secrétaire et un Caporal-Chef qui s’est suicidé lors de sa détention.

Les juges militaires vont-ils prendre en compte ces conclusions rituelles ? En tout cas, dans l’histoire pénale, les résultats issus de consultations mystiques n’ont jamais été des pièces à conviction pouvant confirmer ou infirmer la culpabilité d’un accusé.

Leur irrecevabilité auprès de la justice fait place à la fourniture de preuves évidentes. Sommes – nous à l’ombre d’une affaire déjà classée où il s’agirait juste de servir une fiction ?

En tout cas, les togolais espèrent toute la lumière sur cette affaire qui révèle un profond malaise au sein de l’armée. A ce jour, tous les accusés se rejettent encore les charges retenues contre eux par le tribunal militaire.

Eric K.

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